Al-Kushk Al-Thakafi Fiteiro Cultural à Jerusalem

Eternal Tour Festival: Jerusalem / Ramallah  2010

Pour Eternal Tour 2010, le projet était celui d’une construction transparente et vide à l’exception d’un plateau central horizontal. L’idée était de construire uniquement la structure porteuse (le squelette) du Kiosque à Culture. A l’intérieur de celle-ci devait être posée un panneau de bois autour duquel pourraient avoir lieu les échanges entre étudiants, invités et artistes. Cette structure correspondait au parti pris d’un espace de dialogue et de rencontres au sein d’une Université Al-Quds ( » Jérusalem » en arabe) divisée en deux par le mur israélien.

La réalisation de ce projet a été compliquée par la distance entre son lieu de conception et de réalisation, et la distance des organisateurs. Par contre l’équipe locale, notamment les artistes Jallal Najjar et Becha Hassuneh m’ont parfaitement assisté en obtenant les autorisations de construction pour le Al-Kushk Al-Thakafi (Kiosque à Culture) au sein de l’Université.
Gabriele Oroppallo, curateur et historien du design était invité par Eternal Tour à collaborer à mon projet. En voyant le Kiosque il a tout de suite observé que le panneau central créait une zone de protection contre soleil et permettait de transformer la structure en refuge, répondant ainsi à un besoin spécifique du lieu. Grâce à des rideaux, des tapis et des coussins éparpillés, le Kiosque à Culture a pris l’allure accueillante d’une tente berbère. Là , sous la protection de l’unique panneau de bois et des voiles, nous avons pu travailler, créer et projeter les films que nous avions réalisé avec les étudiants.

Le travail avec les étudiants d’Al Quds

Avant d’arriver à Jérusalem, j’avais envoyé aux étudiants toute la documentation sur le concept du Kiosque à Culture afin de les familiariser à mon projet et leur avait demandé de réfléchir au mot kiosque (d’origine arabe), et à la signification du mot culture. Une fois sur place, je leur ai fait visionner des films , ils ont assisté à la construction du Kiosque sans toutefois arriver à se sentir concernés jusqu’au moment où ayant peint l’inscription « Fiteiro Cultural » en portugais sur le panneau j’ai demandé à un enseignant de le traduire et le calligraphier en arabe. Détail intéressant, le mot culture ne concerne que la littérature en arabe c’est sans doute pour cela que le Fiteiro Cultural est devenu là-bas un vecteur d’histoires plus que d’autre chose. Un projet d’archéologie du futur, tel est devenu le travail des étudiants d’Als Quds avec Gabriel et moi–même. Chacun est parti à la recherche d’un lieu de l’Université avec lequel il entretenait une histoire et à l’aide du département d’anglais, le récit a été traduit pour que chacun puisse raconter son histoire dans cette langue créant une nouvelle couche d’appropriation territoriale et contemporaine des lieux. Ashira Husari, une jeune réalisatrice rencontrée sur place a filmé l’expérience pendant 5 jours.

Construction du Kiosque à Culture d’Al Quds

Fin et depart du Al-Kushk Al-Thakafi – Kiosque à Culture d’Al Quds

Ce fragile portail qui avait abrité les rencontres, les discussions et des interventions comme celle de l’artiste allemand Olaf Westphalem a été démantelé et détruit par une violente tempête quelques jours après mon départ .
La destruction du Al-Kushk Al-Thakafi de Al Quds University était nécessaire et ce sont les éléments qui s’en sont chargés. J’ai découvert les énormes difficultés que représente une tentative comme celle qui a été menée de realiser quelque chose avec des Palestiniens sans passer par les Israeliens. Et ressent comme un succès le travail que nous avons fait. L’envol du Al-Kushk Al-Thakafi m’apparaît comme un augure favorable ouvrant la porte à de nouveaux projets.

http://www.eternaltour.org/