Tamarutaca

Fiteiro Cultural, São Paulo

Le SESC (service socio-culturel indépendant financé par impôt) est une institution possédant la particularité de permettre un brassage socio-culturel très important en raison de la diversité de ses usagers. Rien qu’à Sao Paulo, on trouve 22 de ses centres culturels.
Pour le Forum Culturel Mondial/2004 le SESC a souhaité la construction simultanée de 5 Fiteiro Cultural dans la ville de Sao Paulo afin de permettre à un public très large d’explorer les thématiques actuelles de «L’Art public», «l’Art contextuel» et de «l’Artiste social». Le SESC a fait appel à 5 collectifs d’artistes de Sao Paulo et leur a donné carte blanche pour une occupation de 10 jours dans des emplacements stratégiques où lui-même est implanté. Les emplacements furent les suivants :

Tamarutaca, une des plus grande favelas de Sao Paulo.
Le collectif 2×2 composé de Raimo Benedetti et Emerson Emol s’est installé en face de la FAVELA , dans les jardins du SESC Saint André pendant 2 jours avant de pouvoir entrer dans la favela Tamarutaca pour 8 jours. Emerson Emol est un graphiteur de Sao Paulo y a donné des cours de graffiti. Avec Raimo Benedetti il apprend à un groupe d’enfants du favela à réaliser un documentaire. Lors de cette occupation Raimo a invité Franz Treichler, musicien du groupe suisse « The Young Gods » à réaliser une performance commune de musique et vidéo. Jeremy Narby, anthropoloque participant au Forum à un spectacle « Amazonie » était également présent. Cet anthropologue a été marquée par son immersion dans la forêt amazonienne. Il a passé plusieurs années au Pérou à travailler avec les Indiens, notamment sur la question des droits territoriaux. Il poursuit actuellement ses investigations avec l’écriture d’un ouvrage sur l’intelligence de la nature et l’Amazonia Ambient Project. L’AAP lie contes anthropologiques (sur l’écologie, le chamanisme et la rencontre des cultures) à la musique improvisée des Young Gods.

Intervention de Raimo Benedetti et Franz Treichler

A la Vila Mariana, un quartier de classe moyenne

Le collectif « Espaço Coringa » (collectif d’artistes de Sao Paulo regroupant des peintres, graveurs, sculpteurs, photographes et vidéastes travaillant en commun et réalisant des expositions publiques et indépendantes ) a souhaité transférer son atelier et ses activités dans le Kiosque. Pendant une semaine le Fiteiro Cultural s’est transformé en atelier de gravure. Le groupe a peint, gravé et couvert de graffitis le Fiteiro Cultural jusqu’à en faire un objet nouveau. Une publication a été réalisé avec l’aide du public et distribué à celui-ci. À la fin de l’expérience, CORINGA réalise un happening en démontant et remontant le Fiteiro Cultural.



Intervention du Grupo CORINGA: construction/déconstruction

Au centre-ville, au SESC Carmo, occupé par les sans-abris et les enfants de rue.

Le collectif « :::submídia ::: radio livre » a utilisé et transformé le Kiosque à Culture qui se trouvait proche duSESC Carmo en radio internet, appelé pour la circonstance « Radio Fiteiro Antena» :laboratoire radiophonique de production expérimentale, collective et ouverte. Ce groupe de personnes venant de disciplines diverses (architecture, sciences sociales, informatique…) développe autour de l’idée d’un serveur autonome des projets relatifs à la communication et la création (pédagogie relative au média, production d’heures de radio, diffusion de logiciels libres…). Le public était invité à participer aux émissions radiophoniques et s’est approprié du Kiosque sur le terrain graphique en le recouvrant de graffitis. Les artistes interviewent les passants, les enfants des rues, les clochards et les sans-abris. Les passants interviennent pour s’approprier le Fiteiro Cultural soit en peignant, soit en déposant messages et poèmes. Les enfants des rues participent à leur tour, un passant improvise une chanson au micro de la Radio Fiteiro Antena.

 





Radio Submidia Livre

Le quartier de Santa Amaro près d’un Poupatempo («gagne-temps » service administratif mis en place par le gouvernement de Sao Paulo. Regroupant tous les organismes de l’admintration publique. Endroit où on peut tout aussi bien payer ses factures en retard que se faire refaire une carte d’identité).

A Santa Amaro, Le SESC a demandé au Poupatempo s’il pouvait installer un Kiosque à Culture dans l’entrée du bâtiment. Le collectif « ESTUDIO COLECTIVO » composé d’architectes, vidéastes et photographes a fait du Fiteiro Cultural un point géographique de référence. Le collectif poursuit une stratégie d’action intégrée dans toutes les frontières de l’architecture et de l’urbanisme, touchant à l’art, à l’anthropologie, aux médias, aux réseaux, à la ville, à la rue Leur pratique veut connecter plusieurs sciences et arts dans un espace obligatoirement public – la ville. Le groupe a collé la carte de Sao Paulo sur la façade du kiosque et demandait aux passants de retracer leur trajet à l’aide de fil rouge ou jaune et d’y joindre un message. L’intérieur du kiosque a également servit d’atelier et de salle de projection. L’idée étant que les milliers de personnes qui passent tous les jours par là pour résoudre divers problèmes y laissent une trace.

Crédits vidéos: Camila Miranda, Espaço Coringa, Michel Favre